Guide pratique pour se faire de nouveaux amis en couple

L'équipe CoupleStars Stabilité 4 min de lecture
Des amis trinquant ensemble autour d'un verre de vin lors d'un dîner, le genre de soirée récurrente à l'origine des amitiés qu'on se fait en couple
Photo by Filip Rankovic Grobgaard on Unsplash

Deux personnes, cinq ans après le début de leur relation, regardent leur agenda et réalisent qu’elles n’ont pas, ensemble, tissé de nouvelle amitié depuis plus longtemps qu’elles n’aimeraient l’avouer. Les gens qu’elles connaissaient avant sont merveilleux, mais occupés ailleurs pour la plupart, et il n’existe pas d’étape évidente pour rencontrer quelqu’un à deux. Se faire de nouveaux amis en couple est une compétence à part entière. C’est plus difficile que de se faire des amis seul. Presque personne ne l’enseigne.

Pourquoi c’est important

Les amitiés de couple ne sont pas un supplément agréable ajouté à la relation. C’est l’inverse de ce que la plupart des gens supposent. Geoffrey Greif, qui enseigne à la University of Maryland School of Social Work, s’appuie sur les travaux de Robert Milardo, professeur à la University of Maine : les partenaires qui passent du temps réel avec des personnes extérieures à la relation reviennent avec un sentiment plus fort, et non plus faible, de qui ils sont ensemble. Richard Slatcher, professeur de psychologie à la University of Georgia, ajoute un point connexe. Voir quelqu’un d’autre apprécier la compagnie de son partenaire est un moyen fiable de se rappeler pourquoi on l’aime soi-même.

Se faire de nouveaux amis en couple commence par nommer le type de couple qu’on est

Greif et sa coautrice Kathy Deal ont interrogé plus de deux cents couples, ainsi qu’une centaine d’individus supplémentaires, pour leur livre Two Plus Two: Couples and their Couple Friendships. Ce qu’ils ont découvert répartit les couples en trois grandes catégories : les chercheurs (seekers), qui veulent activement plus d’amis en couple ; les gardiens (keepers), satisfaits de ce qu’ils ont mais ouverts à une nouvelle rencontre ; et les nicheurs (nesters), des couples en général plus récents ou plus réservés, qui préfèrent d’abord construire la relation. Aucune de ces catégories n’est un défaut. Bien fait, cela ressemble à chaque partenaire nommant, à voix haute, laquelle des trois il incarne en ce moment. Mal fait, cela ressemble à un partenaire traînant l’autre à un troisième dîner en un mois, se demandant pourquoi ça ne prend pas. Un chercheur associé à un nicheur n’a qu’à le dire, tôt, plutôt que de laisser ce décalage se lire comme une pression.

Choisir quelque chose qui se répète

Un seul excellent dîner avec un autre couple se transforme rarement en amitié à lui seul. Ce vers quoi reviennent sans cesse les entretiens de Greif et Deal, c’est que la répétition fait plus de travail qu’une seule bonne soirée. Un cours de céramique mensuel, un groupe de course qui se retrouve tous les samedis à huit heures, un dîner du dimanche fixe qui tourne entre deux cuisines : chacun donne à quatre personnes une raison de se revoir sans que personne n’ait à relancer l’invitation. C’est un proche cousin de l’apprentissage à deux d’un loisir qui dure vraiment, simplement pratiqué à plusieurs. Un dîner isolé laisse la prochaine étape, qui envoie le premier message, en suspens. Un rendez-vous récurrent a déjà sa date. Personne n’a besoin de rouvrir la question.

Deux amis jouant à un jeu de société ensemble à une table
Photo de 2H Media sur Unsplash

Accepter que l’amitié reste inégale

L’alchimie amicale s’équilibre rarement de façon égale entre quatre personnes. Un partenaire peut sincèrement apprécier les deux membres de l’autre couple, tandis que l’autre ne s’entend vraiment qu’avec l’un des deux. C’est ordinaire. Cela n’a pas besoin d’être corrigé. La remarque de Slatcher sur l’équilibre compte aussi ici, puisqu’une amitié où un côté porte toujours la conversation finit par s’effondrer ; le binôme qui fonctionne réellement mérite donc le véritable investissement. Il existe une version moins confortable de ce constat, qu’il vaut la peine de nommer honnêtement. Pour certains couples, remplir l’agenda d’autres couples devient une façon de ne jamais vraiment se retrouver seuls ensemble, une vie sociale bien remplie qui tient lieu d’une conversation qu’on n’a pas encore eue. Un dîner récurrent ne résout pas cela. Il rend simplement le mardi soir vide plus facile à éviter, tout comme un agenda surchargé peut se substituer à faire de la relation elle-même une priorité.

Que faire si le premier couple d’amis ne prend pas

La plupart des tentatives d’amitié en couple s’éteignent avant de devenir quoi que ce soit, et c’est plus proche de la normale que de l’échec. Un premier dîner qui s’est déroulé facilement peut ne mener nulle part si les emplois du temps ne se recroisent jamais, ou si l’étincelle présente entre deux d’entre vous n’est jamais apparue entre les deux autres. Il convient de traiter les premiers essais comme des informations. Ce n’est pas un bulletin de notes sur les compétences sociales de chacun. Si l’alchimie à quatre n’est pas là, il suffit de garder l’une des deux personnes comme ami individuel et de laisser tomber la version en couple. C’est aussi là que fusionner les groupes d’amis que l’on a déjà apporte plus que de partir de zéro avec des inconnus, puisque l’un des deux partenaires a déjà un pied dans la place. Livré à lui-même, un cercle d’amis en couple resté vide peut basculer vers le sentiment de solitude à l’intérieur d’une relation qui, par ailleurs, semble aller bien.

Rien de tout cela ne garantit une conversation de groupe remplie de gens que vous adorez tous les deux d’ici le printemps prochain, et il serait malhonnête de promettre le contraire. Cela offre simplement une façon de cesser de considérer un agenda vide comme un verdict sur la relation. C’est une compétence comme une autre. Qui mérite d’être pratiquée, délibérément.

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